"Est ce que vous savez plonger votre tête et vos doigts dans l'instant? Est ce que vous aimez le bon pinard? Est ce que vous savez derière la rudesse d'un bon quintal à voix de roc breton découvrir la chaleur d'un être de passion?

Alors ouais, vous pouvez rencontrer Michel Le Bourhis.

Ce sera autour d'une bonne bouteille, ce sera en oubliant pour un temps la misère du monde, pour oublier un peu -et en rire- que nos vies ensemble courent à leurs fins.

Et puis inévitablement, puisqu'avec le pinard, les rires et l'amitié, il n'y a rien de mieux que, en plus, de caresser un sein, adoucir un ventre, arrondir une fesse, vous causerez sculpture.

Comme pour le vin, les mots auront leur importance et seront gouleyants: la fonte à la cire perdue, la coulée d'un bronze, la bille de cyprès ... Et avec Michel et avec les mots et de tous vos yeux vous tournerez autour de ces deux petits vieux de bronze sur leur banc, de ce torse de bois où sein et ventre sont là pour donner goût à la vie. Du presque monumental au tout petit vous rentrerez dans un monde où la matière joue avec la lumière.

Et puis au bout, si vous avez bu, écouté, regardé et caressé correctement, vous aurez peut être appris que la sculpture, comme la peinture où l'écriture, c'est pas sérieux. C'est que du songe, la vie comme un songe. Vous aurez entrevu peut être que c'est la médecine des fous bien portants. C'est vous dire son importance."

Marie France Gallet - Cavan 2005



"C'est l'histoire d'un artiste qui n'aime pas les grands mots. Il prévient:  «  je n'ai pas de discours préparé », quelque chose qui signifiait «  Circulez, il n'y a rien à dire » mais à VOIR ! Et nous avons vu ... Chaque oeuvre liée à une histoire, un moment de vie int

Chaque sculpture de bois ou de bronze dit l'émotion, le sentiment fraternel, le message généreux.

Chaque sculpture dit l'amitié chaleureuse, l'affection tendre et la reconnaissance au maître, jamais vraiment en allé, Lucien Prigent.

Chaque sculpture dit la pudeur, ce que l'artiste refuse de dire, de mettre en mots ou en discours.

Faut il vraiment expliquer CETTE CHAINE HUMAINE que nous découvrons dans bois et bronze...

Il nous a parlé sport, cyclisme et rugby avec passion. Et cette passion embrase tout son art. Il empoigne le bois à bras le corps, le maîtrise avec la même ardeur, la même force, la même douleur qu'il devait mettre à gravir les côtes les plus rudes ... Mais de ce corps à corps avec le bois, ne surgit qu'amour et tendresse, courbes et rondeurs pleines: « faire le tour d'une sculpture sans jamais que le doigt ne la quitte »; telle est la leçon du maître qu'il n'a jamais oublié ... et puis le polir et repolir encore jusqu'à cette douceur à caresser ...

« Je suis une force qui va », faisait dire Hugo à Hernani. Michel Le Bourhis est aussi une force qui va, bourru et franc, direct. Il y a une véritable rage de vivre dans cet homme là, qui croque la vie à pleines dents et à pleine amitié."

Marie France Gallet. 2000




"Ses moteurs sont amour et amitié, c'est ce qui anime son sens de la création.

Ses sculptures «Variations sur le banc», l'homme et la femme tantôt côte à côte, tantôt dos à dos, comme dans la vie, «photo de famille», personne ne manque dans une attente éveillée, sont pétries d'amour; «Joueurs de rugby», «Hommage à Lucien» le sont d'amitié.

Ses sculptures sortent du bois: le chêne, le châtaigner, l'if, l'orme, le buis, sont leur chair ...

Ou parce que Viviane l'a appris à Merlin, qu'il l'a transmise aus bardes, aux ovates dans le creux de l'oreille, qu'ils l'ont dit aux forgerons et aux bronziers, ses oeuvres sont en bronze.

Ce qui n'est qu'une autre façon de dire la même chose avec seulement d'autres sonorités, d'autres chaleurs, ce n'est plus de la sève, c'est de la lave qui coule dans leurs veines.

Enfin, comme le bon vin ou le bon cidre, l'oeuvre de Michel ne connaît ni coupe ni mélange, c'est une oeuvre simple comme la vie."

Roger Joncourt.


"La sculpture de Michel Le bourhis est à son image; généreuse et pleine d'humour; elle réexporte vers l'autre sa gouaille et sa sensibilité, pleine de ses rencontres et de sa joie de vivre.

Vous y croiserez au gré de sa fantaisie la trace de ceux qu'il aime, qu'il a aimé, co

mme Lucien Prigent et bien d'autres, dont il sait prendre l'essence et nous la renvoyer, détournée, avec cette petite lueur qui brille dans son regard comme un clin d'oeil à la vie, car si vivant il y a , c'est bien Michel!

Sa seule présence dilate l'espace, car il a l'art de metrre chacun à son aise, de révéler l'autre à lui même, par sa force d'écoute, par la plénitude de sa générosité, par sa soif de vivre et de faire vivre.

C'est cela qu'il faut chercher à travers son travail, non pas tant une recherche esthétique que la recherche d'un art d'être, non pas tant l'expression d'un savoir faire que pourtant il domine parfaitement, que celle d'un savoir regarder.

L'art de Michel est celui d'un art de vivre, un art d'être, et, si vous prenez la peine, et si vous prenez le risque d'y entrer, vous respirerez mieux après."

François Hameury